Lot n° 146
Estimation :
700 - 900
EUR
Result
: NC
Lidwine Prolonge - Lot 146
Lidwine Prolonge
SOYLENT DUST, 2023
Photographie couleur, tirage numé
-
rique à bords francs sur dibond
60
× 45 cm (encadré)
Multiple 2/5 ex. + 2 A.P
BIO
Lidwine Prolonge est artiste (née en 1977), et vit et
travaille à Châteauvillain (Haute-Marne). Elle est
diplômée de l’École supérieure des arts décoratifs de
Strasbourg (DNSEP, 2005), et a participé au
programme de recherche 5/7 de la Villa Arson (2013-
2016). Son travail a récemment été montré au Musée
d’art moderne de la Ville de Paris lors d’un événement
organisé par le réseau TRAM, lors de la Nuit Blanche à
la MABA (Nogent-sur-Marne), et au Point commun
(Annecy).
En mobilisant des pratiques telles que la performance
associée à l’hypnose, la vidéo-installation, la
photographie, les displays d’objets ou encore l’écriture le travail de Lidwine Prolonge tend à établir une
continuité entre événements personnels et fiction,
entre récits individuels et histoire collective, afin de
créer les conditions d’un trouble dans notre rapport
aux situations. Dans ses œuvres, les temps sont tantôt
différés ou synchrones, les espaces distordus, les
images et les énoncés tuilés en différentes strates qui
se font écho. Son travail croise les perspectives
féministes avec les imaginaires culturels liées à la
science-fiction et les crises qui trament notre présent.
L’un de ses projets, SOYLENT (AFTER 2022),
remédiatise certains aspects du film d’anticipation
Soylent Green de R. Fleisher (1973), et intègre les
enjeux qui hantent notre époque : dystopie caniculaire,
dette temporelle généralisée, aliénation patriarcale,
vieillissement des individus, menaces d’extinction.
ŒUVRE
SOYLENT DUST représente une scène du film Soleil
vert (1973), lors de laquelle le détective découvre
d’une main impuissante la mère d’un enfant, morte de
faim, étendue au sol. L’image est remédiée car
photographiée sur l’écran d’ordinateur de l’artiste, lors
d’un séjour effectué à Los Angeles à l’occasion de
l’enquête qu’elle a mené sur les lieux de tournage du
film de 1973.
Faite de superpositions, d’une isomorphie entre l’écran
d’ordinateur, le cadrage de la scène et le format de la
photographie, cette image maculée des poussières
persistantes qui accompagnent le devenir caniculaire
du climat californien interroge les synchronicités
entre la représentation passée d’un monde dystopique,
et notre présent abîmé.
La composition complexe oppose les lignes de fuites
des diagonales à la stase mortuaire du corps, tandis
que l’intensification chromatique de la photographie,
presque pictorialiste, irradie d’une énergie
crépusculaire.
SOYLENT DUST fait partie du projet SOYLENT (AFTER
2022)
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