Lot n° 129
Estimation :
600 - 800
EUR
Result
: NC
Hilary Galbreaith - Lot 129
Hilary Galbreaith
Yes, No, Maybe So, 2023
Coton bio, teinture naturel (garance),
javel, acétate d’aluminium, rembourrage polyester et fil polyester
300× 180× 20 cm
Pièce unique
BIO
Hilary Galbreaith est né.e en Floride en 1989 ; iel vit et
travaille à Rennes. Iel est diplômé.e de l’ESAAA
(Annecy) en 2017. Iel développe des histoires de
science-fiction burlesque via des formes aussi variées
que le dessin, l’écriture, l’installation vidéo et la
performance, avec une attention portée sur la
scénographie, les costumes et la collaboration
avec des musicien.ne.s. Iel a participé au Prix du Frac
Bretagne (2021), au Salon de Montrouge (2021), à la
69e
Edition de Jeune Création (2020) et au Prix
Sciences Po (2019). Dernièrement son travail a été
présenté à Glassbox à Paris (coll. 2023), à la Gue(ho)st
House au CAC Synagogue de Delme (coll. 2022), au
CAC Passerelle à Brest (solo 2021), à In extenso à
Clermont-Ferrand (solo 2019), à Plus Dede à Berlin
(solo 2019), et à Cripta747 à Turin (coll. 2019).
«Plutôt que de transformer l’écologie en sujet
artistique, il faudrait commencer par l’appliquer à
l’échelle des modes de production, du transport et du
stockage des œuvres. Cette économie de moyens
établit la condition esthétique «do-it-yourself» du travail de Hilary Galbreaith, proche du cinéma primitif
et du fanzine. Issu.e d’une famille californienne de
militaires, passionné.e.s de science et technologie, iel
s’intéresse à la capacité de la science-fiction à
construire des hypothèses qui transforment notre
rapport aux espèces, au non humain, au corps ou au
langage. Dans la vidéo «Bug Eyes Episode 2 : The
Garden», iel met en scène un concours de télé-réalité
avec des humains transformés en insectes. Leur désir
d’un «retour à la nature» pour former des
communautés anarchistes se trouve finalement
controlé par les valeurs de la classe moyenne.
Pourtant, si pour l’artiste le «jardin» symbolise la
culture du faux, cela lui permettra de dépasser
l’opposition nature / culture et d’identifier un réel
besoin pour un mode de vie post-capitaliste et
décroissant. Plutôt que le cynisme, l’artiste place le
désordre et le grotesque carnavalesque à l’intérieur
des contradictions d’un monde techno-bureaucratique.
Qu’il s’agisse de prothèses qui contrôlent les odeurs,
d’un jeu sexuel de réalité virtuelle qui devient sadique
ou d’entreprises qui agissent comme des œuvres
conceptuelles («Golden Hole»), de deux sorcières
plongées dans un univers mutant où le design
scandinave devient l’esthétique de l’horreur
(«LifeHack») ou d’une web-série publiée par l’artiste
sur Instagram inspirée d’un film féministe
underground qui met à mal le phallocentrisme
d’humains-saucisses («Sausageland»), le travail de
Hilary Galbreaith fait l’autopsie des systèmes de
pouvoir biopolitiques.»
Texte : Pedro Morais
ŒUVRE
Pour Hilary Galbreaith, le ver de terre représente à la
fois notre moi primitif et un «Autre» animal; il ne
s’agit que d’un long tube digestif terminé par une
bouche et un anus, animé à la fois par la peur et le
désir, hermaphrodite, et intimement lié à la terre et à
l’écosystème global. La sculpture molle «Yes, No,
Maybe So» rend le minuscule ver de terre immense, à
la fois grotesque et décoratif. Grâce à la rencontre
entre la racine de garance et l’acétate d’aluminium
dans le processus de teinture naturelle, et à sa forme
lubrique, il présente un mélange d’animal, de végétal
et de minéral.
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