Loucia Carlier - Lot 51

Lot n° 51
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Estimation :
900 - 1200 EUR
Result : NC
Loucia Carlier - Lot 51
Loucia Carlier Sick sad world 2, 2022 Plâtre, Plexiglas, impression 3D, plastiline, matériaux divers 17 x 30 x 10 cm Pièce unique BIO Loucia Carlier (1992) est une artiste et éditrice française basée à Paris. Ses pièces forment un patchwork d’images de symbole et de textes, soumis à l’influence du monde qui nous entoure. Ce réseau d’images archétypales vient boursoufler et travailler de l’intérieur chacun de ses tableaux et de ses sculptures. S’ouvre alors, par percées, la possibilité d’une cosmologie subjective, relative et résiliente. Son travail est régulièrement montré entre la Suisse et la France (Art:Concept, High art, Forde, Centre d’art contemporain de Genève, Emerige, Le musée des Beaux Arts de Lausanne…). En parallèle de sa pratique artistique elle co-fonde en 2018 la revue indépendante Klima dédiée à la rencontre entre création artistique contemporaine, recherche universitaire, sciences sociales, politiques et savoirs militants. Journal intime ou bloc-notes, le travail de Loucia Carlier se présente comme l’expression plastique de ressentis. Ses sculptures forment un patchwork soumis à l’influence du monde qui nous entoure. Tel des moodboard, ses œuvres combinent des images glanées sur le web, des photographies, des images d’archives, des dessins ou du texte. Croquis ou rébus, elles restituent les préoccupations visuelles et psychologiques de l’artiste à un instant T. Parties du corps, ufologie, scènes d’amour kitsch, éléments psychédéliques sont imprimées, peintes et tatoués sur du similicuir. Parfois même réhaussées de maquillage, ces œuvres sont la seconde peau de Loucia Carlier: réactive aux agressions extérieures et aux inflammations intérieures —que l’on s’acharne tant bien que mal à camoufler. L’interdépendance du corps à son environnement n’est pas forcément des plus réjouissantes à l’ère du capitalisme, du patriarcat et de la crise écologique. Les pièces de l’artiste expriment les angoisses sous-jacentes à une génération née dans les années 90. Plus directement, c’est un sentiment de fatigue qui se donne à voir. Le vocabulaire visuel du sommeil scande tout le travail de Loucia Carlier: matelas, draps, maquettes de lits, corps allongés, étoiles. Le jour du dimanche revient aussi dans le titre de plusieurs pièces où figurent des architectures d’espaces domestiques ou des personnages endormis sur des bureaux, dans des locaux déserts. Symptomatique d’une éthique de performance, l’esprit corporate se dessine comme la fiction d’un monde où l’on prétend que tout va bien. L’artiste opère un rapprochement entre monde du travail et science-fiction féministe, dystopie et utopie. Puissamment émancipatrice, la science-fiction invite à transformer la passivité en action ; à imaginer ses bureaux vides comme des salles de réunions pour réinventer le monde ; à appréhender son camaïeu de gris comme une multitude de potentialités. Sa pratique est en réalité celle d’un volcan en sommeil. ŒUVRE L’ensemble de sculptures murales Sick Sad World— vortex, paysages postapocalyptiques creusés dans des nuances de gris —renvoie à une forme d’apathie sociale. C’est cet état même que décrit le philosophe Byung-Chul Han dans son ouvrage La Société de la fatigue, où il démontre comment l’hyper positivité ambiante mène aux pathologies de burnout ou de déficit d’attention. A mi-chemin entre la peinture et la sculpture, semblables à des valises cassées, elles rappellent les boîtes noires que l’on recherche après le crash d’un avion. Elles sont la mémoire d’un cataclysme en cours.
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